La vasopressine exerce à l'état physiologique un effet antidiurétique par son action sur son récepteur V2 sur le canal collecteur. Le maintien de l'effet antidiurétique de la vasopressine n'a pas été étudié chez le patient en dialyse péritonéale.
L'objectif de l'étude COPEP-PD était d’évaluer l'effet physiologique de la vasopressine en dialyse péritonéale, en utilisant la copeptine comme biomarqueur de la vasopressine.
Il s'agit d'une étude prospective multicentrique ayant inclus 35 patients en dialyse péritonéale, issus de trois services de dialyse péritonéale. Vingt-deux patients ont été évalués à deux reprises, à trois mois d'intervalle. Nous avons recueilli des données cliniques, biologiques de routine, et déterminé les valeurs d'osmolalité urinaire, plasmatique, de copeptine et d'autres marqueurs hormonaux. Les caractéristiques descriptives (médiane, 25-75e percentile) sont calculées à partir de la première visite. Les associations ont été mesurées à partir analyses conduites à l'aide de modèles mixtes, afin de prendre en compte les mesures répétées.
Lors de la première visite, la diurèse était de 925 (700, 1725) ml/24h. La copeptine médiane était à 104 (62, 149) pmol/L, la natrémie à 136 (132, 137) pmol/L, l’osmolalité efficace calculée à 279 (270, 282) mOsm/L, l’osmolalité plasmatique mesurée à 315 (309, 321) mOsm/kg et l’osmolalité urinaire sur les urines du matin à 306 (275, 336) mOsm/kg. Les analyses d’association prennent en compte les deux visites. Celles-ci retrouvent un taux de copeptine plus élevé quand la diurèse est faible (p<0.001), et quand l’osmolalité urinaire est plus haute (p=0.024). Il n’y avait pas d’association significative de la copeptine avec l’osmolalité plasmatique efficace ou mesurée.
La vasopressine conserve son effet antidiurétique chez le patient en dialyse péritonéale. Ces données supportent l’évaluation d’un antagoniste du récepteur V2, comme le tolvaptan, en dialyse péritonéale.