In Memoriam - Décès du Dr Achour LARADI

C'est avec une immense peine que nous vous annonçons le décès « brutal » il y a quelques jours de notre ami et confrère, le docteur Achour LARADI .
Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, Achour LARADI a obtenu son CES de néphrologie à la Pitié Salpetrière (Service du Pr Marcel LEGRAIN) en 1978. Il est rentré ensuite à Alger, où il a développé avec d'autres néphrologues, la réanimation néphrologique et dans la foulée, la greffe rénale à partir de donneurs vivants, avec le concours et l'aide précieuse de son Maitre le Pr M.LEGRAIN.

Il sera de retour quelques années plus tard à la Pitié Salpetrière ou il sera nommé comme professeur associé en Néphrologie dans le service de du Pr C.JACOBS, qui a succédé entre temps au Pr M.LEGRAIN.
Il occupera ensuite les fonctions de médecin néphrologue chef de service en l'ile de France puis à l'ECHO, au CH du Mans.
Il finira sa carrière comme médecin néphrologue chef de service à l'AURAR à l'Ile de la Réunion et prendra sa retraite. Mais son attachement très fort à sa discipline néphrologique et son affection pour les patients, le poussent à  poursuivre son activité sous forme de remplacements. Il s'apprêtait quelques jours avant son décès, à partir en GUYANE pour prêter main forte à un confrère en difficulté. Il était diplômé de l'USC School of Medecine (Pr MASSRY LOS Angeles) 1983-1985 et a publié plus d'une centaine de papiers scientifiques dans de nombreux  domaines tels que la néphrologie clinique, la transplantation d'organes, la recherche clinique sur la néphropathie du VIH, la physiologie rénale, l'économie de santé. Il a enseigné la néphrologie, la médecine interne et la réanimation. Il était membre des sociétés savantes(SFNDT, ASN,EDTA) et a organisé et dirigé des tables rondes scientifiques au cours des réunions internationales.
Pr M.Legrain écrivait en préambule dans un des ses livres de néphrologie, à propos de « Aime l'homme malade » ceci :
"Homme souffrant , homme malade je t'écoute .Inquiet, douloureux, diminué, tu cherches soulagement, apaisement, espoir, guérison. La maladie frappe et tu veux comprendre. Pourquoi suis-je touché, pourquoi moi, pourquoi les miens, pourquoi les autres? Pourquoi la vie joyeuse brusquement interrompue ? Pourquoi l'espoir brisé ? Pourquoi l'aventure finie ? Médecin écoute-moi, crois-moi, guéris-moi. Malade je t'écoute. Tes explications sont parfois limpides, parfois embrouillées, et le fait scientifique m'impose de dire parfois erronées, mais elles sont tiennes, et pour bien te soigner, il me faut t'écouter. Ton corps est entre mes mains et tes paroles doivent guider mon examen. Je cherche et tu me guides. Nous faisons connaissances, tu espères tout, j'accepte tout. Je veux comprendre, tu veux guérir. Il ne faut pas s'irriter. Je suis fier de savoir, je plastronne. Malade, tu écoutes et mon orgueil te brise. Pardonne car je t'aime. Je veux savoir, je cherche. La vérité est parfois dure. Elle peut être impasse, elle te condamne. Malade , tu veux savoir et je refuse. La vérité doit garder l'amour, elle peut devenir mensonge. La vérité mensonge doit laisser l'espoir toujours .Malade , je ne sais pas et tu peux le croire. Tu me quittes et je ne jalouse pas l'autre. Je cherche à comprendre et je n'entretiens pas de rancune. La recherche de la vérité est tienne et mienne. Elle est difficile. Il faut chercher pour trouver, pour s'aimer. La maladie m'intéresse, elle me justifie, elle me gonfle d'orgueil et je t'oublie. Tu souffres, tu es là, tu appelles l'amour et je réponds."

ENSEMBLE  NOUS FAISONS ROUTE VERS L'AMOUR ET L'AMOUR NE DISPARAIT PAS. Je pense que le Dr Achour LARADI s'est beaucoup inspiré de ce texte et de cette philosophie, pour construire sa relation humaine et professionnelle avec les patients qu'il a tant aimé et respecté tout le temps qu'il les a soigné et jusqu'à tout récemment, en a fait sa boussole.
Il était très humble envers ses patients comme envers les professionnels, qu'il a côtoyé durant toute sa carrière. Tous ont en gardé un bon souvenir et lui ont exprimé leur reconnaissance. Il était humain et entièrement dévoué à ses patients. Il ne refusait jamais d'aider quiconque qui en avait besoin et ne comptait pas son temps. Il s'est toujours préoccupé des autres au point parfois et comme me le rappelait son épouse avant-hier, de négliger sa propre personne car sa priorité de chaque instant, était de voler au secours de l'autre et de répondre à ses attentes. Il était intègre intellectuellement et ses compétences étaient appréciées de tous.
Il laisse derrière lui son épouse et ses 2 enfants étudiants auxquels nous présentons nos très sincères condoléances et exprimons notre soutien affectueux et notre empathie dans ce difficile moment. Qu'il repose en paix.

Dr Amar  AMAOUCHE - Saint pierre Ile de la Réunion